impressions pendant 6 mois de stage à singapour ...
" Certains livres se lisent à la cuisine, d'autres au salon. Un vrai bon livre se lit n'importe où"
Haliburton
...mais il y a tout de même des endroits qui correspondent si bien à certains titres, que l'on ne devrait pas pouvoir les lire ailleurs. Alix et moi sommes allées en Indonésie ce week end, et dans notre sac, il y avait le Desert des Tartares de Buzzati. Jamais nous n'aurions pu le comprendre et le vivre aussi bien que là où nous étions...
Notre point de chute était à une bonne heure de route du port, éloigné de la civilisation, et s'est fait mériter après un trajet sur des chemins de terre battue ou des routes ponctuées de nids de poules. Arrivées sur place, nous nous sommes trouvées retranchées dans notre forteresse entourée d'un paysage surréaliste, qui peut rivaliser avec le désert qui entoure le fort Bastiani. Nous avons vite repéré les failles dans l'architecture, cette dernière laissant une porte grande ouverte à l'ennemi venu du Nord .
C'est alors qu'il est devenu nécessaire de mettre au point une stratégie pour assurer notre défense (il faut voir ici la mise en pratique du stage). Nous avons ainsi défini un chemin de ronde à parcourir à tour de rôle, reliant des points qui offraient différents angles de vue sur le territoire.
Contrairement à nos attentes, la mer n'a pas toujours été notre alliée. Elle nous a laissées vulnérables lorsqu'elle s'est retirée, laissant la possibilité à une arméee innombrable de venir nous assaillir en traversant à pieds secs. Ne la voit-on pas avancer au loin?
Il était évident que de fausses alertes provoqueraient des pics d'adrénaline de temps à autre. La première fois, ce n'était qu'un mirage, nous n'étions que les victimes d'une hallucination . A force de scruter l'horizon, on imagine apercevoir des silhouettes étranges et on se force à les rendre plus réelles...
La seconde fois, notre esprit a encore été victime des méfaits de l'imagination qui fonctionne pour se protéger du temps qui passe... Nous avons bêtement lancé une expédition offensive, en proie à notre propre folie...
Le retour vers notre forteresse a achevé de nous prouver qu'il ne se passerait rien, que nos divagations étaient vaines, et que nous pouvions profiter du temps qui nous restait pour méditer sur nos erreurs en découvrant ce fameux désert des Tartares, au milieu de nulle part mais à l'abri de l'ennemi imaginaire.
++
Diane